L’archipel des Galápagos

Tortue géante - Puerto Ayora (Isla Santa Cruz - Galápagos)
Tortue géante
Puerto Ayora – Isla Santa Cruz (Galápagos)

[L’archipel] [Les reptiles: tortues et iguanes] [Les oiseaux] [La faune marine] [Les otaries] [Les otaries mâles] [L’éruption volcanique] [La cruauté de la nature]

L’archipel

Plage - Isla Santa Maria (Punta Cormorant - Galápagos)
Plage
Isla Santa Maria – Punta Cormorant (Galápagos)

Sans hésitation, le meilleur moment de l’Equateur fut l’archipel des Galápagos: un paradis de la nature. Ce furent 7 jours de croisière pour naviguer d’île en île et pour découvrir les merveilles de cet archipel volcanique.
La météo fut mitigée (beaucoup de nuages) mais cela ne m’a pas empêché de revenir un peu plus bronzé. Le bateau était bien différent de celui de Bolivie: un yacht luxueux pour 16 personnes ! Par contre, avec la mer agitée, mon estomac a connu quelques moments difficiles. Et une fois revenu sur la terre ferme, j’étais pris du mal de terre !
Mais l’essentiel fut de voir tous ces animaux et oiseaux.

Les reptiles: tortues et iguanes

Iguane marin - Isla Espanola (Punta Suarez - Galàpagos)
Iguane marin
Isla Espanola – Punta Suarez (Galàpagos)

Cela avait commencé par un face-à-face avec les tortues géantes quasi centenaires de 250 kg: des énormes pattes, une carapace immense et épaisse, une lenteur extrême associée a une force tranquille, et une petite tête. Du fait de leur quasi-extinction, il est rare de les voir en pleine nature. Ce sont les seuls animaux de l’archipel en captivité afin d’en assurer la reproduction et la réintroduction sur les îles. Chaque île a (ou avait) sa propre espèce de tortue.
Les iguanes marins et terrestres sont assez communs et se prélassent au soleil à longueur de journée. Ils sont si immobiles et se confondent si bien avec le paysage qu’on risque souvent de leur marcher dessus. Malgré leur « laideur », leur rangée d’épines dorsales et leur allure préhistorique les rendent bien attachant.

Les oiseaux

Fou à pattes bleues - Isla Espanola (Punta Suarez - Galápagos)
Fou à pattes bleues
Isla Espanola – Punta Suarez (Galápagos)

Il y a aussi de nombreuses espèces d’oiseaux mais les tailles des colonies n’atteignaient pas celles des régions antarctiques.
Le manchot des Galàpagos se chiffre en quelques milliers et il est menacé. Les plus beaux oiseaux étaient les fous: masqués, à pattes rouges ou à pattes bleues. Leurs plongeons à pic pour pêcher sont impressionnants. Les frégates sont nombreuses; le mâle est reconnaissable à sa poche rouge au niveau de son cou (tel un ballon) pour attirer une femelle. Les affreux poussins paraissaient de taille démesurée dans leur minuscule nid: ils avaient un mélange de duvet blanc et de plumes noirs d’adulte. Les albatros étaient toujours aussi majestueux en vol mais tellement maladroits sur terre, et j’eus même l’opportunité d’assister à une danse nuptiale. Il y avait aussi des flamants roses, des hérons, des mouettes, des oiseaux moqueurs, des colombes des Galápagos (pattes rouges, yeux bleus), les fameux pinsons de Darwin, des pétrels, …

La faune marine

Mais la valeur inestimable de cet archipel provient surtout de sa faune marine. J’ai bien regretté de ne pas savoir faire de la plongée sous-marine. Rien qu’avec le snorkelling (masque et tuba) dans les eaux froides et agitées, c’est un nouveau monde qui s’offre à soi. Outre les innombrables oursins, étoiles et anémones de mer, poissons multicolores et fluorescents, j’ai pu voir des raies léopards ondulant en toute sérénité sur le fond sablonneux, des raies à dard (stingray) se camouflant dans le sable, une tortue marine, une queue de murène, un poisson-ballon recouvert d’épines, …

Les otaries

Otarie - Islas Plazas (South Plaza - Galápagos)
Otarie
Islas Plazas – South Plaza (Galápagos)

Mais les moments les plus intenses furent avec les otaries (il y en avait partout) ! Ainsi, occupé à regarder les poissons, une jeune otarie s’est approchée de moi, et elle ne m’a pas quitté jusqu’à ce que je sorte de l’eau (soit environ 20 minutes). Elle était venue nager et jouer avec moi: elle faisait des sauts, plongeait pour revenir vers moi jusqu’à quasiment me faire un museau-museau tout en en me regardant droit dans les yeux, repartait par une rapide et agile pirouette, puis elle revenait pour nager en me longeant … Malgré la fraîche température de l’eau (15 degrés, pas de soleil, j’en avais la chair de poule), ce fut du pur bonheur et cela demeure certainement LE souvenir de ce séjour dans cet archipel.

Les otaries mâles

Par contre, c’était un peu diffèrent avec les otaries mâles : 3m de longueur, une bonne masse de chair et de graisse, patauds sur terre mais rapides dans l’eau, et de bonnes dents. Ils vivent avec un harem, et gare à celui qui vient lorgner sur ses femelles : ils deviennent vite jaloux et agressifs. Les seules attaques d’animaux sur des hommes aux Galápagos proviennent d’eux (les requins seraient moins dangereux). En rencontrer un nez-à-nez dans l’eau n’est pas des plus agréables. Mais, quand j’ai aperçu une otarie femelle à côté de moi, qu’un mâle me passe sous les jambes, et qu’il commence a tourner autour de moi, ce fut un peu la panique ! J’avais beau être face au manchot, j’étais seul, au milieu des rochers, à l’abri de tout regard humain, loin de la plage, je n’ai eu qu’une seule idée: revenir sur la terre ferme !

L’éruption volcanique

Je retardais mon retour au continent pour aller voir la récente éruption volcanique. Chemin faisant, depuis le bateau, ce fut l’occasion de voir deux raies manta, et une cinquantaine de requins (white-tipped, ailerons aux extrémités blanches). Malgré la distance au volcan (10km, interdiction d’aller plus prés), et l’épaisse fumée dégagée, le spectacle des champs de lave dans la nuit sous les étoiles et un clair de lune fut saisissant !

La cruauté de la nature

Ce séjour m’a vraiment enchanté. Mais la nature à l’état brut offre aussi un visage cruel. Les nombreux cadavres d’oiseaux et d’otaries témoignent de la catastrophe locale provoquée par le El Niño. Mais ce sont surtout les cris de ce bébé otarie qui résonnent encore dans ma tête. Pendant l’absence de sa mère (partie pêcher), ce petit s’était fait picorer les yeux et les paupières par un oiseau moqueur. Ayant été en contact avec un « étranger », sa mère n’a pas reconnu l’odeur de son petit et a refusé de s’en occuper! Aveugle, abandonné, le bébé tournait en rond, appelant sa mère. Son unique destinée: mourir de faim. Là-bas, l’intervention humaine n’existe que pour les espèces en voie d’extinction

 

Malheureusement, ce type des destination paradisiaque demeure très onéreux: j’y ai autant dépensé en 9 jours qu’en 2 mois en Bolivie !

 

      Suite du voyage et du récit: La Colombie et le Panamá